« Philippe » film témoignage …

« Nous avons croisé Philippe LORANT pour la première fois dans les locaux de l’APPEL, à l’IHOP de Lyon. Nous étions en réunion avec Catherine de Kiwi, Rose FROMONT et Anny BRETTE de l’APPEL, pour discuter d’un éventuel projet de film. Philippe était venu donner des nouvelles aux associations de son fils Paul, atteint d’une leucémie. Nous n’avons alors échangé qu’un simple bonjour, mais la personnalité de cet homme nous a déjà marqué. Notre seconde rencontre a eu lieu dans un des restaurants que Philippe fréquentait quand il devait passer ses soirées à Lyon, à deux heures de chez lui, pour accompagner son fils. La soirée s’est prolongée durant laquelle, il nous a parlé avec pudeur de son fils, de sa peur de le perdre, de la force dont Paul faisait preuve et de l’importance d’être bien entouré pour affronter ce type d’épreuve. Tout naturellement, nous avons souhaité mettre l’histoire de Philippe et de Paul en image. »
Guillemette BEYRON – Perrine SERRUT

Le mot de Philippe LORANT
« Que l’on soit religieux ou philosophe il est difficile de trouver un sens à la maladie grave ou le départ de son enfant. Il n’y en a probablement pas. Parents ou proches, nous devons vivre les différentes étapes de la maladie ; l’anéantissement, l’incompréhension, l’injustice, la colère, le combat, l’espoir, l’acceptation et parfois la résilience. J’ai appris pendant la période de la maladie de mon fils, qu’il est difficile d’avancer seul, et qu’il est essentiel de pouvoir compter sur de bonnes personnes pour  vous accompagner. Aussi, je remercie l’ensemble de l’équipe de l’IHOPE pour avoir sauvé mon fils et l’APPEL et tous les parents qui nous ont aidés et l’association Kiwi pour permettre d’en parler »

Le malheur n’est pas une destinée, rien n’est irrémédiablement inscrit, on peut toujours s’en sortir.
B. Cyrulnik.

 

Le mot de Kiwi
L’association Kiwi organisation est fière, à travers les témoignages de parents, de mettre à l’honneur l’APPEL dont l’objectif est d’améliorer le quotidien des enfants et adolescents atteints de leucémie ou autres cancers et leurs familles.
Philippe est justement un des papas qui a bénéficié comme beaucoup d’autres familles de l’appui de l’APPEL et ses membres.
Nous vous invitons à visiter leur site : appel-rhone-alpes.com pour mieux les connaître. Nous sommes heureux d’être partenaire de cette belle association.

 

Et bien parlons-en, levons le tabou … par Guillemette Beyron et Perrine Serrut

« Ce film est né de plusieurs rencontres. Tout d’abord avec Catherine de Kiwi Organisation, avec qui l’envie de faire un projet filmé autour du cancer est très vite apparue.
Ensuite avec Christine Hainaut, l’incroyable protagoniste de ce film aux multiples facettes : en public, dynamique et souriante ; seule chez elle, épuisée physiquement et moralement par la leucémie de sa fille ; et à l’hôpital, forte et battante malgré l’inquiétude aux côtés de son enfant.
Et enfin avec Clara, la fille de Christine, peu présente dans le film mais dont il est sans cesse question. Jeune fille si mûre et forte par la force des choses, et pourtant adolescente comme les autres.
Un film documentaire de 13 minutes n’est pas suffisant pour dire tout ce qu’il y a à dire sur le quotidien de ces familles, sur lesquelles la leucémie pèse chaque jour. Nous avons découvert avec ce tournage que ces parents, dont le seul soucis (et il est tellement énorme) devrait être la santé et le bien-être de leur enfant, doivent se battre aussi pour le travail, pour l’entretien de leur maison, pour les transports, pour des remboursements, pour l’alimentation, pour leur revenu. Et même pour du soutien.
Nous l’avons découvert uniquement lors de ce tournage, car personne n’en parle. Et bien parlons-en, levons le tabou du cancer de l’enfant, et ne laissons pas ces familles vivre ces moments excessivement difficiles dans le silence. »

Guillemette BEYRON et Perrine SERRUT
Réalisatrices du film « Christine »

Voir le film :

Partenariat Kiwi organisation – Centre Léon Bérard Lyon

La toute récente association Bahini Films a été créée par Guillemette et Perrine, un binôme qui se connait depuis 15 ans et qui travaille ensemble depuis presqu’autant. 

 Guillemette BEYRON, réalisatrice  

Elle a commencé sa formation en audiovisuel au Lycée Lumière de Lyon, puis à l’Université Lyon 2, avant de se spécialiser en machinerie à l’Arfis. Après quelques années comme électricienne et machiniste (Goodbye Morroco, La religieuse, Scènes de ménage, 100% cachemire, Marie Heurtin), elle réalise ses premiers documentaires : Le dernier voyage (20′, autoproduction), Christine (13′, Kiwi Organisation) et Philippe (7′, Kiwi Organisation).

Perrine SERRUT, chargée de production

Arrivée dans l’audiovisuel à l’Université Lyon 2, elle se spécialise dans la production à Factory (Lyon). Elle commence sa carrière comme assistante de production (24h du Mans, divers courts-métrages) et responsable des bénévoles (Printival Boby Lapointe). Puis elle participe à la production du premier documentaire de Guillemette : Le dernier voyage (20′, autoproduction), puis co-réalise Christine (13′, Kiwi Organisation) et Philippe (7′, Kiwi Organisation).

TIPI : qu’est-ce que c’est ? A quoi ça peut servir ? par le Dr Jacques Fumex

En trouvant, il y a une quinzaine d’années, un « petit passage » pour aider les personnes en blocage émotionnel, notamment dans le domaine des apprentissages, et de l’éducation, Luc Nicon, expert en pédagogie, a montré le chemin pour gérer nos désordres émotionnels d’une façon différente et avec une efficacité parfois déconcertante. L’appellation TIPI (Technique d’Identification sensorielle des Peurs Inconscientes), peut prêter à sourire et ne permet pas forcément d’avoir une idée précise de toutes les subtilités de la méthode.
Nous sommes tous confrontés voire habitués à des désordres émotionnels, que nous les identifions ou pas : peurs, angoisses, phobies, dépressions, tristesses inexpliquées, colères irrationnelles…, mais aussi troubles psychosomatiques (souffrances physiques sans maladie sous-jacente) qui constituent plus des 2/3 des consultations en médecine de ville et qui sont très souvent sous-tendues par des émotions inconscientes.
Et ces désordres sont souvent anciens, remontant à l’enfance, inscrits dans notre identité.
Nous avons tous nos méthodes pour gérer ces perturbations, selon nos possibilités et notre culture : déni, refoulement voire répression, rationalisation (essayer de comprendre le pourquoi), techniques pour apaiser : relaxation, respirations, méditation …
Ce qui aboutit à nous apaiser, parfois complètement, mais le plus souvent pas durablement.
Avec TIPI, on va à l’encontre de la majorité de ces méthodes, on ne cherche pas à contrôler, ni à apaiser les émotions désagréables, mais à sentir et observer comment elles se manifestent dans notre corps et à laisser faire celui-ci : on laisse évoluer les sensations sans rien faire.
Et ça marche ! Les désordres émotionnels sont régulés, parfois en une seule séance, le plus souvent définitivement pour les désordres les plus simples et univoques, c’est-à-dire ne comportant qu’une perturbation émotionnelle pour un problème.
On pourrait penser à de la magie ou à un effet placebo ou à une suggestion de type hypnotique, mais les observations et les recherches dans ce domaine laissent penser que cette méthode permet de se reconnecter à des traumatismes anciens, anté-nataux et péri-nataux dont la mémoire est « engrammée » dans notre corps et conditionnent nos réactions émotionnelles délétères jusqu’à ce que la possibilité de les revivre sensoriellement nous en délivrent définitivement.
Des recherches dans ce domaine sont notamment menées en Allemagne depuis plus de 20 ans. Et les observations de plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont bénéficiées de cette méthode vont dans ce sens.
Mon expérience et mes recherches dans le domaine des troubles psychosomatiques depuis plus de 30 ans , mes formations et ma pratique dans le cadre de la psychothérapie , de l’Hypnothérapie et de l’EMDR notamment , m’ont conduit à la découverte et à la pratique de TIPI depuis près de 5 ans , concernant donc plusieurs centaines de personnes et m’ont amené à remplacer mon scepticisme initial par le constat de l’efficacité et des nombreuses perspectives de cette méthode.

Docteur Jacques Fumex,
médecin gastro-entérologue, Hypnothérapeute , Praticien et Formateur TIPI

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Retrouver le plaisir de se nourrir …


Troubles de l’oralité
Témoignage du Dr Stéphanie MAROTTE
Pédiatre à l’hôpital Femme Mère Enfant – Lyon


Maxence souffrant de troubles de l’oralité,
sa maman Corinne a gentiment accepté de témoigner.

Deux interviews recueillis suite à l’atelier Pain du 17 avril 2013 chez SCOOK avec Anne-Sophie Pic et Gontran Cherrier.

L’hôpital idéal existe-t-il ? par Philippe Bonhomme

Cette question a-t-elle un sens et pour qui ?
En tant que professionnel de la santé, souvent la question se pose plus en rapport avec notre activisme professionnel et la prérogative des soins.

L’espace est mesuré et s’organise justement autour des soins. Si la relation doit être prise en compte et est bien comprise pour son importance par l’ensemble des équipes soignantes, la réalité fait que le fonctionnement et l’organisation hospitalière ne facilite pas toujours l’approche des équipes auprès de leurs publics. Beaucoup d’incompréhensions et frustrations naissent parfois entre tous, à savoir les personnes hospitalisées, leurs familles ou proches et les personnels hospitaliers…
Objectivement, c’est aussi rassurant dans le sens où l’hôpital n’est peut être finalement pas uniquement un lieu de soins mais aussi d’abord un lieu de vie.
Pour une personne hospitalisée, très souvent, il n’y a plus cet activisme professionnel, plus de repères familiaux habituels ou plus de jeux en fratrie pour les plus jeunes. Il peut donc se produire quel que soit l’âge, une perte des repères habituels, une perte de son environnement proche, une perte logique du temps et de l’espace, une perte ou des altérations à sa culture ou à la culture.
De plus l’hôpital n’a pas toujours une frontière très précise entre le lieu privé d’une chambre par exemple, et le lieu ou espace public des couloirs. Il peut s’en suivre des gènes ou sentiments de manque d’intimité.
L’espace ou la place que l’on donne à chaque personne hospitalisée devrait faire partie d’une vraie prise en charge globale.

Est-ce que l’on peut dire que l’espace conditionne l’approche ?

Sans tomber dans l’utopie,la difficulté à l’hôpital est de faire coïncider la logique hospitalière avec les espaces vitaux et nécessaires pour les malades et leurs familles. De plus en plus, les nouvelles structures hospitalières intègrent les données concernant l’espace de la chambre avec les meilleurs conforts possibles mais aussi les espaces «lieux de vie » dans l’hôpital ainsi que des espaces réservés aux associations qui interviennent pour le bien être des personnes hospitalisées… Cela peut être des jardins intérieurs, des galeries avec échoppes marchandes, des lieux d’exposition, un café, des lieux de rencontres possibles entre familles et personnes hospitalisées quand elles peuvent sortir de leur chambre etc..L’hôpital et la culture hospitalière peuvent évoluer.

L’hôpital peut parfois être un relais à d’autres institutions culturelles en donnant la possibilité aux personnes accueillies de découvrir une œuvre, un art ou tout autre manifestations culturelles ou artistiques qu’elles n’auraient peut être pas eu l’occasion de découvrir à l’extérieur. Il existe une adaptation possible par de bons projets menés en partenariat pour le bien de tous, et cela peut créer une dynamique à l’intérieur de l’hôpital entre malades, personnels et familles. Il existe un lien entre l’intérieur et l’extérieur de l’hôpital.

Rendre une personne active et volontaire par l’apport d’une approche cohérente et pluridisciplinaire peut l’amener à mieux accepter son hospitalisation et à mieux accepter ses soins.
En finalité, le malade est d’abord un être citoyen et un être unique selon les chartes des personnes hospitalisées et la convention des droits de l’homme.

Article pour un colloque organisé par le « Grand Lyon »
Hôpital, urbanisme et architecture

Philippe Bonhomme
Animateur socio-culturel en pédiatrie
Hôpital Femme Mère Enfant Lyon